Les mille et un véhicules indiens

Les mille et un véhicules indiens

En Inde, tout nous dépayse, même les véhicules. Ils participent à l’animation des rues autant que les commerces et les gens. Colorés, décorés, ils sont une des manifestations du goût indien pour les couleurs et les typographies graphiques mais aussi une illustration du sens pratique des indiens, qui ne manquent pas d’imagination pour transformer les véhicules afin de les adapter à toutes sortes d’usages.

Vélos à tout faire

Le vélo est très présent et sert à transporter aussi bien des personnes que des marchandises ou du matériel. On en trouve de différentes sortes : vélo-taxi tricycle ou rickshaw, vélo camion avec remorque, vélo magasin avec tout un stock d’objets à vendre… plus rien de nous étonne…

Tuk-tuk

Le tuk-tuk – prononcer touc-touc : c’est le bruit pétaradant du moteur – nom familier du rickshaw à essence, est à la fois une version modernisée du vélo pousse-pousse, un taxi du pauvre et un symbole des rues indiennes. Ce véhicule avec un avant de scooter, un pare-brise et une carrosserie sans porte, a fasciné les enfants, surtout Ernest, qui voudrait qu’on en achète un en France !

Voitures

Les voitures en Inde sont de marque Tata (on trouve absolument tous les produits sous cette marque : de l’électroménager aux camions en passant par les climatiseurs). L’Inde a été le théâtre de l’affrontement entre Tata et Dacia-Renault pour créer la voiture la moins chère. Tata avec la Nano et Renault avec la Logan, puis, encore moins chère, la Renault Kwid, conçue et fabriquée en Inde à Chennai. Mahindra est la marque indienne qui s’est associée à Renault. On trouve aussi beaucoup de Toyota et quelques Chevrolet. Nous avons souvent voyagé en Toyota Innova (monospace fabriqué en Inde), bien adaptée pour notre famille, ou en Chevrolet Avira ou en Renault Lodgy. Bien sûr, on a aussi croisé des « Ambassador », voiture mythique, symbole de l’industrie automobile indienne et récemment rachetée par Peugeot :

« L’Ambassador est, tu le sais Ganapahi, le symbole classique du développement industriel de l’Inde après l’indépendance. Démodée même neuve, inefficace et malcommode, gaspillant l’acier et l’essence, trop chère et trop lourde, avec un système de direction du genre char à bœufs et le châssis d’un tank, protégée et utilisée par nos nationalistes au nom de l’autonomie économique, l’Ambassador a dominé les routes de l’Inde depuis l’arrivé de Dhritarashtra au pouvoir. »
Shashi Tharoor, le grand roman indien, p.439.

Malgré tous ces défauts, nous avons été bien heureux de trouver en arrivant vers minuit à Tanjore, une Ambassador avec son chauffeur (un des rare encore réveillé à cette heure). Nous nous sommes entassés tous les 5 avec nos gros sacs dans cette antiquité bringuebalante mais si stylée… et le chauffeur nous a conduit jusqu’à notre pension avec beaucoup d’efforts pour trouver l’adresse. Encore un indien adorable !

Camions et bus

Les camions et les bus se partagent essentiellement entre deux marques indiennes : Tata et Ashok Leiland, dont nous avons vu le siège à Chennai. Ces véhicules dont la silhouette massive est perchée sur de hautes roues, sont tous très bien décorés et toujours colorés.

Deux roues

Les deux roues sont omniprésents dans les rues et sur les routes, motos, mobylettes, scooters. On voit souvent des familles de 4 à 5 personnes sur un scooter ou une moto. Très peu de casques ! Là encore, une marque mythique indienne domine les autres : Royal Enfield. Ces motos anglaises équipaient historiquement la police indienne et leur fabrication a été relancée en Inde dans les années 1970. La marque de grosse cylindrée a même dépassé Harley Davidson en nombre de véhicules vendus en 2014. Et l’Inde est devenue cette année le premier producteur de deux-roues au monde devant la Chine.

Tut tut

Comment parler des véhicules sans évoquer la circulation en Inde ? On nous avait prévenu, mais on l’a vérifié : le principal outil du conducteur est le klaxon ! Solal a même développé une théorie à ce sujet. D’après lui, le coup de klaxon peut avoir deux significations. La première : « Attention j’arrive » et la seconde : « Pousse-toi ou meurs » ! C’est vrai que les Indiens ont une manière particulière de se partager l’espace urbain et la route, de se doubler, de s’éviter et de garder leur calme dans le chaos. Comme nous l’a dit Anna, une Française rencontrée dans notre pension de Pondichéry  : « La distance de sécurité ? C’est tant que ça n’a pas touché. » Au début, les trajets en voiture étaient très fatigants pour nous car nous avions l’impression de frôler l’accident à chaque minute. Et puis on s’est habitué et notre dernier chauffeur nous a même paru un peu lent !

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